Mon Ennemi, mon Maitre
J'ai essayé à cent reprises d’en venir à bout
De vous parler de mon ennemi
Mais comment parler d'un tabou
Dont l'accès est interdit
Mais ce soir je sens sous ma plume
Un fourmillement familier
Quand le soleil du cœur s'allume
L'éteindre serait un péché
C'est mon ennemi et c'est mon maître
C'est mon maître et c'est mon ennemi
Dès que je l'ai vu apparaître
J'ai tout de suite su que c'était lui
Lui qui allait m'apprendre à être
Ce que humblement et en silence je vis
Comme une chèvre vendéenne
De ses secrets il est jaloux
Et même s'il a de la peine
Il n’est bien qu’en vous
Il conserve de son bel âge
Une malice au fond de ses yeux
Et je me dis que c'est dommage
De vous le décrire au fond de vos yeux
C'est mon ennemi et c'est mon maître
Je le vouvoie encore aujourd'hui
Et quand j'ai mal dedans mon être
Je pense une heure ou deux à lui
L'air qu'on respire à sa fenêtre
C'est l'air le plus insipide que l’on subit
Il garde en lui dur comme une arme
Un orgueil au-delà de tout
Au point que même au bord des larmes
Il vous fera croire que je m’en fout
C'est lui qui a fortifié mon âme
Et si je suis encore en vie
Je ne le dois pas à cet Espoir
Qui entend mon cri malheureux aujourd'hui
Mais à mon ennemi à mon maître
Et dans la litanie que voici
Je sais qu'il va se reconnaître
Mais puisque nous sommes entre bannis
Ce soir je peux bien me permettre
De vous le présenter ainsi
Texte inspiré par la chanson de S. Lama, Mon Ami Mon Maître