samedi 31 octobre 2009

vendredi 30 octobre 2009

jeudi 29 octobre 2009

dimanche 25 octobre 2009

Je viens du sud




Je viens du Sud


J'ai dans le cœur, quelque part,
De la mélancolie,
Mélange de sang barbare
Et de vin d'ltalie,
Un mariage à la campagne
Tiré par deux chevaux,
Un sentier dans la montagne
Pour aller puiser l'eau.
J'ai au fond de ma mémoire
Des lumières d'autrefois
Qu'une très vieille femme en noir
Illuminait pour moi,
Une maison toute en pierres
Que la mer a rongée
Au-dessus d'un cimetière
Où les croix sont penchées.
Je viens du sud
Et par tous les chemins,
J'y reviens...
J'ai dans la voix, certains soirs,
Quelque chose qui crie,
Mélange d'un chant barbare
Et d'un ciel d'ltalie,
Des colères monumentales
Que les vents m'ont soufflées,
Des discours interminables
Après le déjeuner.
Je viens du sud
Et par tous les chemins,
J'y reviens...
J'ai quelque part dans le cœur
De la mélancolie,
L'envie de remettre à l'heure
Les horloges de ma vie,
Un sentier dans la montagne
Quand j'aurai besoin d'eau,
Un jardin dans la campagne
Pour mes jours de repos,
Une maison toute en pierres
Que la mer a rongée
Au-dessus d'un cimetière
Où mon père est couché.
Je viens du sud
Et par tous les chemins,
J'y reviens...
Et par tous les chemins,
J'y reviens...

L'an Mil

Je vous salue Marie

samedi 24 octobre 2009

vendredi 23 octobre 2009

ATTENTE

Je voulais être à toi!
Quelle idée innocente!
Faut-il donc appartenir à quelqu’un ou quoi que ce soit?
J’appartiens à la terre, ma mère dense et fiable
Qui m’a donné un corps fort, sain et sensible
J’appartiens aux fleuves, aux torrents admirables
Qui emportent en leurs eaux mes émotions pénibles
Je voulais être à toi!
Quelle idée inconsciente!
Faut-il donc appartenir à quelqu’un ou quoi que ce soit?
J’appartiens au vent, mon ami revigore
Qui me porte avec l’aigle sur ses ailes légères
J’appartiens au soleil, à ses rayons multicolores
Eux qui me donnent fidèles leurs mots d’amours visionnaires
Ma psyché en déroute oublia les secousses
De me soumettre à toi,
Mes délires éclaboussent
Se sont égarés je crois!?
Je voulais être à toi!
Quelle idée de folie!
Faut-il donc appartenir à quelqu’un ou quoi que ce soit?
Je ne t’en voudrais pas de tes désirs ardents
J’ai du être soumis même me révoltant
J’ai cru sans le savoir pouvoir jouir peut être
De ton sexe dominant mon anus offert
Je voulais être à toi!
Quelle idée libertine!
Faut-il donc appartenir à quelqu’un ou quoi que ce soit?
J’appartiens à l’espace, aux étoiles infinies
Aux planètes la bas, toutes les galaxies
Je voyage sans fin à travers l’univers
Oh loin très loin très loin de cet enfer
Je voulais être à toi!
Quelle idée enfantine!
Faut-il donc appartenir à quelqu’un ou quoi que ce soit?
Moi, j’appartiens au feu et à la pluie qui danse
Je suis un aigle, un loup, une rose intense
Ma vie elle n’est qu’à moi, au divin qui me porte
Je la donne aux forêts, au soleil qui m’emporte
Je voulais être à toi!
Quelle idée ! En est ce une?
Faut-il donc appartenir à quelqu’un ou quoi que ce soit?
Loup j’irais fidèle m’asseoir sur la terre amie
Repue du feu soleil tous les matins d’aurore
Les pieds plantés au sol, les yeux à l’infini
Je donnerais l’amour, de la lumière tout l’or
Je donnerais et donnerais encore
A chacun et à toi, au matin, à la lune
Libre et sans attache aucune
Comme un aigle volant haut insaisissable encore!
Je jouirais d’aimer dans toutes mes cellules
Ma victoire sera là et sans fin j’aimerais
Fraiche légère joyeuse comme une libellule
Divine extase offerte à mes frères de la terre!
J'imagine, je te cherche...!
Je voulais être en toi et j'y suis libre et beau
Comme un oiseau volant aux douceurs des cieux
Je me régale en toi , je redeviens puceau
Toute bordée d'amour je renais dans tes yeux
Où es tu mon Extase, où es tu mon Amour?
Enlacé à la terre comme un doux ventre ouvert
J'y puise tout son or comme un présent de toi
Sans nulle autre richesse que mon amour offert
tu sais que je t'adore, calice de ton roi
Où es tu ma cerise, ma rue, mon autre chose?
Perdu dans mon royaume je me prends à rêver
de broderies sans fin qui orneraient tout Viège
La Venoge gonflée d'amour, suaves humidités...
s'emporte jusqu'à toi, je te veux en mon piège...
Où es tu mon gamin, mon âme, mon buisson de roses?
Je te garde, je te veux, je t'aime et te lacère
Je te veux au plus haut, au plus beau au plus fort
Je te veux amoureux, te lâche et te libère
je t'aime mon amour , je te lèche , je te mords...
Où es tu mon amant, mon ami, mon repère?
Mais comment fait le souffle pour y mettre ta voix?
Mais comment fait ta voix pour se gonfler d'amour?
Mais comment font les mots pour transporter de toi,
l'essence de ton rythme, respir d'un doux labour?
Quand enfin te verrais je?
Il y a un mystère...que je ne comprends pas...
Quelque chose de caché, qui pulse de toi à moi...
comme une recherche profonde d'un être oublié!?
Une fusion, un appel, vibration d'unité!?
Est ce toi? Est ce moi? Est ce nous...un prémisse de nous?
Nos deux corps se caressent pénétrés de nos âmes
Envoutés de tes yeux aux ardeurs gitanes
Tu portes à la lumière mes tendresses de femme
Mes yeux s'offrent au désir des tes mots qui m'enflamment
Oui mais quand te vivrais je?
Ta flamme désirante s'érige en laser
Tu me prends toute partout
ma bouche, mes seins, mon cou
caresses si légères... mes hanches, mon dos, mon ventre...mon lotus ouvert...
J'enrage d'amour de toi
tu deviens raide dingue
Plus c'est fort, plus çà va
j'enfourche ma violence pour devenir plus doux...me liquéfier de toi...
Pourquoi vivre ce rêve?
Est ce le vent du large qui fouette la douceur de tes mains?
ou le doux vent d'été qui caresse tes reins?
je ne veux plus savoir me poser de questions
je veux juste épouser notre amour déraison!
Où es tu mon amour...je te cherche...je t'attends et
Je t'aime
....

Les mains d'Elsa

Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi tes mains que je sois sauvé

Lorsque je les prends à mon pauvre piège
De paume et de peur de hâte et d'émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fond de partout dans mes mains à moi

Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Ce qui me bouleverse et qui m'envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j'ai trahi quand j'ai tresailli

Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots

Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D'une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d'inconnu

Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.





Louis Aragon (1897-1982)



Le Ranz des Vaches

Cela restera pendant longtemps encore l'un des plus beau chant patriotique suisse.

mardi 20 octobre 2009